Études en vrac
5 juillet 2026
La rTMS consiste en la stimulation d’une zone cérébrale par la création d’un champ électromagnétique. C’est plus spécifique que la sismothérapie, qui entraîne une crise convulsive généralisée avec un courant électrique. Ça fait beaucoup moins peur. Le problème, c’est que ça marche aussi beaucoup moins bien.
Une des solutions que les chercheurs sont en train d’explorer serait de trouver des biotypes. C’est ce qu’ont fait les auteurs de ce papier : les patients ont passé une IRM fonctionnelle au repos, ce qui a permis de découvrir 2 sous-types de dépressions. Ils ont ensuite été comparés avec de la rTMS spécifique pour leur sous-type, ou un groupe avec une simulation – l’équivalent du placebo avec les médicaments. On fait comme si on stimulait les patients, mais il ne se passe rien.
Les résultats ne sont pas incroyables : 2,34 points de différence avec le placebo en moyenne, sur l’échelle HAMD-17, qui va jusqu’à 52 points. Vous allez probablement entendre parler de l’article sous l’étendard de la “psychiatrie de précision.” La réalité clinique est moins optimiste.
Source : https://doi.org/10.1038/s44220-026-00665-x
Une étude publiée dans Nature mental health s’est penchée – encore une fois – sur la question du lien entre le suicide et la température. On voit que l’association est là, avec quelques réserves néanmoins pour l’Asie de l’est et l’Australie : les courbes s’aplatissent avec des températures plus élevées.
Mais le plus gros problème, c’est que ça n’a pas vraiment de chance de changer quoi que ce soit aux politiques de santé. On a déjà beaucoup d’arguments pour s’inquiéter un peu du climat; les études sur le lien entre les températures et la santé mentale s’accumulent, avec les mêmes limites, sans apporter grand-chose de nouveau.
Source : https://doi.org/10.1038/s44220-026-00674-w
Encore une étude négative sur l’utilisation de la pharmacogénomique pour guider la prescription. Elle s’ajoute à la longue liste des études similaires, négatives sur leur critère principal, qui sont obligées d’aller piocher dans les critères secondaires.
Pourquoi ? Tout simplement parce que les gènes ne sont qu’un des nombreux éléments qui vont modifier la pharmacocinétique d’un traitement, et que les facteurs pharmacodynamiques sont largement incompris.
Les fanatiques de la “psychiatrie de précision” me diront que le génotypage peut aussi aider pour les effets secondaires, mais ici ça n’a pas marché :
Source : 10.1001/jamanetworkopen.2026.10609
Les psychédéliques sont mis en avant de façon plus en plus prometteuse, et comme souvent, l’excitation des cliniciens va plus vite que les données de la science. L’effet est tellement prononcé que dans les études qui l’évaluent, les participants ou les évaluateurs devinent correctement que le patient a pris du placebo ou des psychédéliques dans plus de 90% des cas pour la psilocybine.
Source : 10.1001/jamapsychiatry.2026.0255
La gépirone (de la famille de la buspirone) a reçu l’approbation de la mise sur le marché par l’agence de régulation américaine, la FDA. C’est encore une molécule que nous n’aurons pas en France, mais on peut se demander si on manque quelque chose.
La FDA a donné son accord en se basant sur 13 études, 12 à la phase aigue, et une de maintenance. Dans les autres études, il n’y avait aucune différence avec le placebo – et dans 3 études, la gépirone était moins efficace que le comparateur actif. Le laboratoire s’était vu refuser l’approbation 4 fois auparavant, mais la règle, c’est la règle : il faut 2 études positives. Quel que soit le nombre d’études négatives. On va bientôt devoir corriger les valeurs statistiques pour la multiplicité des études.
Flippant.
Source : 10.1001/jamapsychiatry.2026.1438
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Enfin, je vous informe qu’on tient un autre blog avec Maxime POLLET : Mind in Doubts. Il est entièrement gratuit, c’est un format différent. On dialogue plus qu’autre chose, et les interactions entre deux professions différentes sont toujours riches d’enseignement. Cette image sur l’efficacité de la psychothérapie dans la dépression soulève plus de questions qu’elle n’apporte de réponses :
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Docteur j’ai fais plusieurs séances de rTMS je ne me rappelle plus du protocole (durée, intensité, nombre de séances…). Je n’ai aucune amélioration notable sur la dépression par contre j’avais des maux de tête et des douleurs articulaires dans les épaules et les cervicales qui ont disparu avec les séances de rTMS, les dites douleurs ne sont jamais réapparues.
Merci pour ce retour d'expérience !