Réponse aux QCM - Dépression résistante
Le pramipexole règne en maître
Ce format a pas mal de succès, donc je continue dans la lancée.
Je rappelle aux abonnés payants qu’il y a un live ce soir (mardi 23 juin) à 20h45, je compte sur vous pour préparer des questions. Cette fois-ci, le live sera partagé (le chat sera caché) sur les réseaux sociaux habituels. Et maintenant, notre question :
Quel antidépresseur est le plus efficace dans la dépression résistante ?
A) Le pramipexole
B) Le Risperdal
C) Le Norset
D) Le Tercian
E) Le Brintellix
F) Le Xanax
Souvenez-vous : l’important n’est pas seulement d’avoir la bonne réponse, mais aussi de savoir pourquoi les autres sont fausses.
D’abord, une critique : j’aurais dû préciser si je parlais de monothérapie ou de traitement adjuvant. En monothérapie, le pramipexole est mis à la place du traitement actuel (qui est inefficace). En adjuvant, il est rajouté au traitement que le patient a déjà.
Il fallait aussi préciser ce qu’on entend par dépression “résistante”. Une dépression bipolaire ? Unipolaire ? Une dépression qui n’a pas répondu à un antidépresseur ? A deux antidépresseurs ? Qu’est-ce qu’on entend par réponse ? 30% de réduction sur une échelle clinique ? 20% ? Bref. C’est la limite des QCM.
Certains ont sauté au plafond en disant que le Xanax (alprazolam) n’est pas un antidépresseur, mais cette molécule a été utilisée en monothérapie dans la dépression pendant longtemps. Il y a une méta-analyse par la revue Cochrane sur le sujet. Les études sont anciennes, et le niveau de preuve est assez médiocre.
Le Brintellix (vortioxétine) n’a aucune donnée randomisée contre placebo dans la dépression résistante, donc le problème est réglé.
Pareil pour le Tercian (cyamémazine), qui n’a aucune donnée randomisée pour quoi que ce soit sur le plan thymique, donc c’est encore plus simple. Pour rappel, les deux seules études randomisées sont sur… le sevrage en alcool et en benzodiazépines.
Le Norset (mirtazapine) dispose d’une étude négative en tant qu’adjuvant dans la dépression après un échec d’antidépresseur classique, sérotoninergique “pur” ou noradrénergique (Effexor, Cymbalta, etc). En tant que monothérapie, l’étude STAR*D retrouve entre 8% et 12% de rémission selon l’échelle utilisée. Rien de dingue.
Le risperdal a été étudié en 2007 : 25% de rémission contre 11% avec le placebo.
Une autre étude a retrouvé un taux de rémission de 52% avec le risperdal, versus 24%. Le premier problème, c’est que selon les auteurs, les deux groupes étaient en train de converger.
Le second problème, c’est que 24% de rémission dans un groupe de dépression résistante sous placebo, c’est beaucoup trop haut. Je ne sais pas qui sont ces patients, mais ce ne sont clairement pas des dépressifs résistants.
Et sur la maintenance, les résultats sont négatifs : continuer le risperdal ou l’arrêter ne fait pas de différence significative.
La bonne réponse était donc le pramipexole.
Les deux études qu’il faut connaitre sont
PAX-D, dans la dépression résistante :
La différence avec le placebo se voit rapidement, se maintient jusqu’à la 12ème semaine, et continue encore jusqu’à la 48ème semaine. 28% de rémission contre 8% avec le placebo. C’est juste énorme.
L’étude PAX-BD, sur les bipolaires. L’étude a dû être arrêtée plus tôt que prévu à cause du COVID, mais on a un taux de rémission de 31% versus 0% à la fin de l’étude. Vous avez bien lu : 0% de rémission dans le groupe placebo.
C’est tout pour cette fois ! J’ai bien sûr beaucoup simplifié, voyez ça comme une piste de réflexion. Si l’Abilify (aripiprazole) avait été dans la liste, la réponse aurait été similaire : le niveau de preuve est plus élevé, mais l’efficacité est moindre.
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❤️pramiiii
Avant d’aller sur les réponses, et puisque je suis le compte YT depuis un certain temps et assidûment, j’avais la bonne réponse. ( d’autant plus que j’en prends en complément d’un autre anti-D, dont j’ai pu baisser le dosage mais impossible pour le moment de l’arrêter).