En bref. Dans le trouble bipolaire, l’intensité maximale d’un épisode ne résume pas la charge de maladie. Il faut aussi considérer la durée et la fréquence des symptômes, le fonctionnement entre les épisodes et le coût des effets indésirables du traitement. J’utilise l’« aire sous la courbe » comme une analogie de cette charge cumulée.
Une rechute après deux ans de stabilité
J’ai vu récemment une jeune adulte de 20 ans qui a fait une rechute hypomaniaque alors qu’elle était stable depuis 2 ans.
C’était un cas clinique facile sur le plan diagnostique : la maladie mentale est disséminée dans toute la famille. Des phases hautes chez la mère, un peu de sismothérapie chez le père, de la schizophrénie chez les cousins, un autisme sévère chez la sœur.
Et pour la patiente, des phases hautes franches (sans dépression) qui se greffent sur une personnalité plutôt lisse – et donc qui tranchent franchement avec l’état de base. Il y a un peu d’autisme aussi, mais suffisamment léger pour que ça ne soit une préoccupation pour personne, sans répercussion aucune.
Elle a traversé des événements traumatisants, mais elle n’est pas traumatisée – pas d’état de stress post-traumatique, pas de problématique anxieuse, pas de toxique, rien.
Lithium, quétiapine et traitements déjà essayés
Au moment de la rechute, elle est sous lithium – avec une concentration de 0,9 mEq, soit un peu plus haut que ce que j’aimerais. On ne peut pas baisser : ça ne marche pas. Et quand on monte, les effets secondaires arrivent tous en même temps ; tremblements, diarrhées, polyurie, la complète. Chez elle, la forme à libération immédiate est tolérée à peu près pareil que la prolongée. Pas de marge de manœuvre de ce côté.

