Un traitement pour la sédation des neuroleptiques ?
Et dépenses pour l'autisme
Je me suis trompé lors du live d’hier. On a parlé de la gestion de la sédation matinale induite par les psychotropes, et j’ai mentionné la bétahistine.
Comment agit la bétahistine ?
Contrairement à ce que j’ai dit, la bétahistine n’est pas qu’un agoniste sur les récepteurs histaminiques H1. Plus précisément, c’est bien un agoniste sur ces récepteurs, mais son activité est surtout médiée par les récepteurs H3 présynaptiques. Et même – encore plus précisément, c’est un agoniste partiel (comme l’abilify), mais ça n’a pas d’importance pour le moment.
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Je vous ai fait un schéma :

Les récepteurs H3 servent de frein. Quand on les active, ils diminuent le relargage d’histamine dans la synapse par le neurone présynaptique. Quand on les bloque, il y a donc moins de frein, ce qui correspond à augmenter la libération d’histamine.
La bétahistine en pratique
L’histamine étant un neurotransmetteur signalant l’éveil, ça peut en théorie lutter contre la sédation des psychotropes, qui sont souvent des antagonistes sur les récepteurs H1. On s’en sert classiquement pour les vertiges1, c’est donc une utilisation hors autorisation de mise sur le marché (AMM) dont je vous parle ici.
En pratique, je trouve que ça marchait pas terrible – l’effet placebo joue pas mal. Au début les patients se disent aidés, mais ça ne tient pas souvent dans le temps. Est-ce que l’effet placebo s’estompe ou est-ce que les cerveaux s’adaptent ? Allez savoir. Je ne vois pas de raison de ne pas tenter, mais c’est loin d’être un miracle.
Niveau publication, l’étude la plus citée est celle-ci, avec l’olanzapine – et 144 mg par jour de bétahistine. Non, ça n’est pas une erreur de posologie.
Autres études
Notez qu’il existe aussi :
Une méta-analyse concluant à son efficacité contre la prise de poids induite par les neuroleptiques. Il n’y a que 5 études et la taille d’effet est improbable, c’est pour ça que je n’en parle pas souvent, mais vous savez ce qu’on dit : aux grands maux, les grands remèdes. La tolérance sur le long terme est rassurance, donc certains vous diront qu’il n’y a pas grand-chose à perdre.
Pour des études négatives, voir ici et là.Un pré-print sur la bétahistine ajoutée au méthylphénidate dans le TDAH. Un pré-print est un papier qui n’a pas été encore revu par d’autres chercheurs, ni publié dans un journal scientifique, donc à prendre avec des pincettes. De toute façon, l’étude est négative : le placebo fait aussi bien que la bétahistine. Et c’est peu dire, regardez comme ça marche :

Factor 1 ? on voit qu’on est dans un pre print. Vu qu’il est en ligne depuis 2021, ça n’ira probablement pas plus loin. Vu que j’ai aussi trouvé une autre étude négative dans le TDAH avec un autre H3 antagoniste, il y a peu de chance qu’on voie une suite à ce mode d’action.
Une étude dans les troubles cognitifs de la schizophrénie. L’étude est positive, sans aggravation des symptômes psychiatriques, mais j’ai du mal à y croire. Les auteurs ont utilisé 72 mg de bétahistine par jour. Les adeptes de la méta-analyse trouveront un papier sur le sujet ici, mais je ne suis pas convaincu par la méthodologie.
Les dépenses des USA dans l’autisme
Enfin, je vous confirme que je ne m’étais pas trompé sur les dépenses pour l’ABA (Applied Behavior Analysis) dans l’autisme aux USA. Ils sont bien passés de 2 milliards en 2021, à 10 milliards en 2025 – pour Medicaid et CHIP2, deux programmes publics d’assurance maladie américains. Je simplifie volontairement3.
Le gouvernement fédéral va donc vérifier tout ça, et considère que certaines familles autistes sont victimes de fraude. Certaines cliniques peuvent aller jusqu’à facturer 40 heures par semaine. N’importe quoi.
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Impossible de parler de la bétahistine sans mentionner l’étude BEMED négative dans la maladie de Ménière.
Children’s Health Insurance Program.
Sur les 10 milliards, 8,5 milliards sont pour l’autisme, et le reste est surtout pour le TDAH.

Retrouver un sommeil "naturel", avec des neuroleptiques. J'ai un doute. Je suis souvent hospitalisé et ai retrouvé un bon sommeil avec un cadre le permettant. C'est à dire avec beaucoup de calme loin du tumulte. Sinon la sédation est considérée comme un obstacle, voire rejetée par ma pathologie.