Ne te fais pas mal : ne regarde pas ces âneries… tiens une anecdote: je croise aujourd’hui dans l’ascenseur une chirurgienne qui me parle d’un cas avec émotion (en fait pour une fois elle avait pris plus de 5 min à parler avec un humain) et me l’explique parce qu’elle a « un côté psychiatre ».
Est-ce qu’il m’arriverait de parler d’une situation parce que j’ai un « côté chirurgien »? Le problème de notre discipline, c’est qu’on l’a tellement dévoyée à coups de laxisme, qu’elle en est devenue une « spécialité » que tout le monde pense avoir … médecins ou grand public …
Avant de m’interesser au petit monde de la psychiatrie et de la psychologie, je mettais le psychiatre sur un pied d’estale: je le savais médecin, je l’imaginais psychologue, sociologue, ethnologue, passionné des relations humaines et de ce qui constituent, l’Humain, les groupes, la culture, les phénomènes sociaux…Je les imaginais passionnés par l ´HUMAIN. Je pensais que le phénomène HPE l’intéressait, comment un concept aussi bancale pouvait à ce point se diffuser dans la société, qu’il avait peut-être lu les livres de Raymonde Hazan juste pour comprendre, comme les phénomènes du concept du pervers narcissiques ou l’absurde trop intelligent pour être heureux étaient devenus de la pop-culture. Finalement, non, des plaintes, des pleurs, et des incompréhensions, un monde sans joie et sans bonheur, un monde de désillusions aussi intense que ma prise de conscience. Finalement, les psychiatres sont des personnes, comme tout le monde! ☺️
VOUS---J’ai du mal à entendre ce genre de discours. C’est problématique pour les patients atteints de troubles qui se retrouvent complètement dilués dans des présentations aspécifiques, où l’on mélange les termes, les concepts et les symptômes. ---
MOI : Et pourtant, cette personne à une réelle expertise concernant SON trouble. Elle a fait un travail "d'introspection retrospective", a recherché des informations, des contacts qui l'aideraient à gagner en expertise. Et si elle n'est pas tombée sur les bonnes informations, les bonnes expertises, ce n'est clairement pas à elle qu'il faut s'en prendre. Et pour cette raison, on se doit de la laisser s'exprimer. Cela met surtout en évidence, selon moi et de façon dramatique, la désinformation organisée des personnes par un système médical dont la toute première priorité devrait être de rendre accessibles, aux personnes qui désirent s'informer, les informations VALIDÉES qu'elles recherchent.
Non, être "patient expert" ou conntaire SON trouble "mieux que quiconque" grâce à un travail "d'introspection rétrospective" (ou même de psychoéducation) ne fait pas de vous un médecin, ni un chercheur qui publie des études dans Nature, JAMA ou Cochrane sur le sujet, ni des recommandations ou des guidelines.
À partir d'un moment il faut arrêter de prétendre que tout et sur un même point d'égalité sous prétexte se cette subjectivité introspective qui vous immunise contre toute critique ou contestation. C'est même tout le contraire de la méthode scientifique.
On ne peut pas "identify as the biggest expert of one's illness" juste parce qu'on le veut, il faut avoir le bagage et les années d'études et de travail derrière pour le justifier. Et non, ça ne veut pas dire qu'un médecin ne peut pas se tromper, mais ironiquement, les experts ont plus de chances d'admettre leurs erreurs et s'excuser que ceux qui n'ont pas cette expertise.
Que dire des centaines de psychiatres qui ont oublié de se former depuis 15 ans. Qui ont peur de prescrire du lithium etc etc
Heureusement que des patients experts peuvent relever le niveau de temps à autre. Exercer ne suffit pas non plus pour prétendre détenir la bonne parole. Il y a suffisamment de mauvaises pratiques auquelles s'attaquer au sein de la psychiatrie pour éviter d'avoir à s'attaquer aux patients qui se prêtendent expert même s'ils ne le sont que sur leur cas bien particulier.
Ceci dit je suis aussi patient expert. Je choisis mes molécules, mon psychiatre se place à côté. Ce n' est pas un autre psychiatre expert qui pourrait y changer quelquechose après une ou deux consults.
S'approprier le savoir psy sur son trouble est plutôt une bonne démarche.
Diffuser des conseils et astuces c'est autre chose mais ce n'est pas plus grave qu'un psychiatre qui ne met pas à jour ses connaissances.
Il n'y a pas d'opposition réelle entre nos commentaires, selon moi. On parle de niveaux différents.
Un point sur lequel je suis d'accord avec vous et Michael est que ce type de video doit être remise en contexte. Eh bien faites-le.
Bref: Nous ne parlons pas de la même chose.
NB : j'ai publié dans Nature, et dans Science.
NB2 : je n'ai jamais vu aucun médecin s'excuser, pour une erreur qu'il avait commis à mon encontre. Souvent relevant tout autant de l'arrogance que de l'ignorance, l'une se disputant à l'autre.
Je ne comprends pas pourquoi tu réagis en citadelle assiégée pour un simple temoignage.
Elle raconte juste sa vie, elle ne pretend pas être médecin ni meme patiente experte.
Si tu veux critiquer la pertinence de cette video pose plutôt la question du manque de contextualisation dont la responsabilité revient à Santé Magazine et au podcast LoveZone.
Plutot que de la critiquer je trouve qu'on devrait remercier Lilimay d'avoir temoigné.
Et c'est quoi cette attitude de "maintien de l'ordre" que tu prends ? Comme si en ta capacité de médecin tu avais un passe droit pour être autoritaire.
Si tu dois "encore tout debunk" c'est tant mieux, comme ca moi et tous tes abonnés on en apprendra plus sur le TPA.
Ce qui est désolant c'est que vous n'arriviez pas à comprendre que c'est cette attitude pédante envers les patients (car c'est ce que cette personne est) et ce qu'ils disent vivre, ce dans quoi ils se retrouvent, certes avec des mots maladroitement empruntés et parfois faussement légitimé par un psychiatre en consultation (que le psychiatre qui n'a jamais fais aucune concession scientifique pour favoriser l'alliance lui jette la première pierre). Les gens souffrent, que ce soit derrière une mauvaise étiquette ou pas, qu'est-ce que cela change dans le fond ? Qu'avez vous proposé en alternative pour expliquer sa détresse ? d'ailleurs s'ils ne trouvent pas la bonne étiquette ne serait-ce pas de notre faute à nous de peiner à décrire une réalité qui est elle, pleinement vécue et inaliénable ? Pourquoi suspecter la falsification là ou vous décrivez très bien l'incompétence ?
Ne vous y trompez pas, comme vous, je ne souscrit pas un instant à ce témoignage sur le plan nosographique, mais cela ne permet pas de balayer le témoignage du phénomène qui peut être compris autrement. Et c'est de notre travail de le faire, pas le sien.
Ne te fais pas mal : ne regarde pas ces âneries… tiens une anecdote: je croise aujourd’hui dans l’ascenseur une chirurgienne qui me parle d’un cas avec émotion (en fait pour une fois elle avait pris plus de 5 min à parler avec un humain) et me l’explique parce qu’elle a « un côté psychiatre ».
Est-ce qu’il m’arriverait de parler d’une situation parce que j’ai un « côté chirurgien »? Le problème de notre discipline, c’est qu’on l’a tellement dévoyée à coups de laxisme, qu’elle en est devenue une « spécialité » que tout le monde pense avoir … médecins ou grand public …
Le *masking* c'est génial, ça colle avec tout.
Zut, "Génération identitaire" c'est déjà pris par un autre groupe.
Avant de m’interesser au petit monde de la psychiatrie et de la psychologie, je mettais le psychiatre sur un pied d’estale: je le savais médecin, je l’imaginais psychologue, sociologue, ethnologue, passionné des relations humaines et de ce qui constituent, l’Humain, les groupes, la culture, les phénomènes sociaux…Je les imaginais passionnés par l ´HUMAIN. Je pensais que le phénomène HPE l’intéressait, comment un concept aussi bancale pouvait à ce point se diffuser dans la société, qu’il avait peut-être lu les livres de Raymonde Hazan juste pour comprendre, comme les phénomènes du concept du pervers narcissiques ou l’absurde trop intelligent pour être heureux étaient devenus de la pop-culture. Finalement, non, des plaintes, des pleurs, et des incompréhensions, un monde sans joie et sans bonheur, un monde de désillusions aussi intense que ma prise de conscience. Finalement, les psychiatres sont des personnes, comme tout le monde! ☺️
VOUS---J’ai du mal à entendre ce genre de discours. C’est problématique pour les patients atteints de troubles qui se retrouvent complètement dilués dans des présentations aspécifiques, où l’on mélange les termes, les concepts et les symptômes. ---
MOI : Et pourtant, cette personne à une réelle expertise concernant SON trouble. Elle a fait un travail "d'introspection retrospective", a recherché des informations, des contacts qui l'aideraient à gagner en expertise. Et si elle n'est pas tombée sur les bonnes informations, les bonnes expertises, ce n'est clairement pas à elle qu'il faut s'en prendre. Et pour cette raison, on se doit de la laisser s'exprimer. Cela met surtout en évidence, selon moi et de façon dramatique, la désinformation organisée des personnes par un système médical dont la toute première priorité devrait être de rendre accessibles, aux personnes qui désirent s'informer, les informations VALIDÉES qu'elles recherchent.
Non, être "patient expert" ou conntaire SON trouble "mieux que quiconque" grâce à un travail "d'introspection rétrospective" (ou même de psychoéducation) ne fait pas de vous un médecin, ni un chercheur qui publie des études dans Nature, JAMA ou Cochrane sur le sujet, ni des recommandations ou des guidelines.
À partir d'un moment il faut arrêter de prétendre que tout et sur un même point d'égalité sous prétexte se cette subjectivité introspective qui vous immunise contre toute critique ou contestation. C'est même tout le contraire de la méthode scientifique.
On ne peut pas "identify as the biggest expert of one's illness" juste parce qu'on le veut, il faut avoir le bagage et les années d'études et de travail derrière pour le justifier. Et non, ça ne veut pas dire qu'un médecin ne peut pas se tromper, mais ironiquement, les experts ont plus de chances d'admettre leurs erreurs et s'excuser que ceux qui n'ont pas cette expertise.
Que dire des centaines de psychiatres qui ont oublié de se former depuis 15 ans. Qui ont peur de prescrire du lithium etc etc
Heureusement que des patients experts peuvent relever le niveau de temps à autre. Exercer ne suffit pas non plus pour prétendre détenir la bonne parole. Il y a suffisamment de mauvaises pratiques auquelles s'attaquer au sein de la psychiatrie pour éviter d'avoir à s'attaquer aux patients qui se prêtendent expert même s'ils ne le sont que sur leur cas bien particulier.
Ceci dit je suis aussi patient expert. Je choisis mes molécules, mon psychiatre se place à côté. Ce n' est pas un autre psychiatre expert qui pourrait y changer quelquechose après une ou deux consults.
S'approprier le savoir psy sur son trouble est plutôt une bonne démarche.
Diffuser des conseils et astuces c'est autre chose mais ce n'est pas plus grave qu'un psychiatre qui ne met pas à jour ses connaissances.
Il n'y a pas d'opposition réelle entre nos commentaires, selon moi. On parle de niveaux différents.
Un point sur lequel je suis d'accord avec vous et Michael est que ce type de video doit être remise en contexte. Eh bien faites-le.
Bref: Nous ne parlons pas de la même chose.
NB : j'ai publié dans Nature, et dans Science.
NB2 : je n'ai jamais vu aucun médecin s'excuser, pour une erreur qu'il avait commis à mon encontre. Souvent relevant tout autant de l'arrogance que de l'ignorance, l'une se disputant à l'autre.
a quel moment est-ce que cette patiente a prétendu etre medecin ou avoir un discours qui valle celui d'un medecin ?
Je ne comprends pas pourquoi tu réagis en citadelle assiégée pour un simple temoignage.
Elle raconte juste sa vie, elle ne pretend pas être médecin ni meme patiente experte.
Si tu veux critiquer la pertinence de cette video pose plutôt la question du manque de contextualisation dont la responsabilité revient à Santé Magazine et au podcast LoveZone.
Plutot que de la critiquer je trouve qu'on devrait remercier Lilimay d'avoir temoigné.
Et c'est quoi cette attitude de "maintien de l'ordre" que tu prends ? Comme si en ta capacité de médecin tu avais un passe droit pour être autoritaire.
Si tu dois "encore tout debunk" c'est tant mieux, comme ca moi et tous tes abonnés on en apprendra plus sur le TPA.
Ce qui est désolant c'est que vous n'arriviez pas à comprendre que c'est cette attitude pédante envers les patients (car c'est ce que cette personne est) et ce qu'ils disent vivre, ce dans quoi ils se retrouvent, certes avec des mots maladroitement empruntés et parfois faussement légitimé par un psychiatre en consultation (que le psychiatre qui n'a jamais fais aucune concession scientifique pour favoriser l'alliance lui jette la première pierre). Les gens souffrent, que ce soit derrière une mauvaise étiquette ou pas, qu'est-ce que cela change dans le fond ? Qu'avez vous proposé en alternative pour expliquer sa détresse ? d'ailleurs s'ils ne trouvent pas la bonne étiquette ne serait-ce pas de notre faute à nous de peiner à décrire une réalité qui est elle, pleinement vécue et inaliénable ? Pourquoi suspecter la falsification là ou vous décrivez très bien l'incompétence ?
Ne vous y trompez pas, comme vous, je ne souscrit pas un instant à ce témoignage sur le plan nosographique, mais cela ne permet pas de balayer le témoignage du phénomène qui peut être compris autrement. Et c'est de notre travail de le faire, pas le sien.
vous êtes très à côté, et c'est à mon avis les psychiatres qui sont directement (et seuls) responsables de ce genre de choses
merci pour ce commentaire, je répondrai plus en détail
« On a tous un côté bipolaire » euh non, en fait non! (J’ai pas dit le ta gueule, je l’ai pensé très fort mais je ne l’ai pas dit!)