35 Commentaires
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Avatar de Pierre H. Vincke

Je n'étais pas là mais à vous lire on pourrait penser que vous avez imposé un narratif, avec de bonnes intentions cela va sans dire.

One ne sait pas où la patiente en est, on n'a pas d'aperçu du processus de pensée.

C'est toujours porteur d'aller chercher des ressources et d'essayer de les transposer à d'autres situations mais si vous le faites vous même à la place de la patiente :

- l'impact n'est pas le même et votre statut rend difficile d'évaluer le degré d'appropriation par la patiente. On a tendance à être d'accord avec le médecin, au moins devant lui. Vous favorisez aussi un locus of control externe.

- vous prenez une part de responsabilité si la situation se dégrade. Or, les prédictions ne sont que des prédictions et personne ne sait de quoi l'avenir est fait.

Imaginons que l'état de la patiente s'aggrave, vous risquez de créer un sentiment de culpabilité qui pourrait enrtaver le recours aux soins.

C'est difficile de donner son avis sur une situation lorsque l'on a pas tous les éléments mais ce serait les points de vigilance sur lesquels je m'attatderais.

Avatar de Dr Michael Sikorav

hey, pourquoi un locus externe ?

Si le mari n'avait pas été là je n'aurai pas tenté ma chance

Avatar de Pierre H. Vincke

Tout ce qui n'émane pas de la patiente peut contribuer à lui donner l'impression qu'elle n'a pas prise sur sa vie.

Je dis ça parce qu'elle a l'air très bien entourée, ce qui est une excellente chose, mais votre post donne l'impression qu'on ne la sonde pas beaucoup.

Je suis peut être à côté de la plaque, j'imagine que vous avez évallué son engagement quant vous avez proposé votre lecture de la situation ^^

Avatar de Dr Michael Sikorav

bah ça se discute, lui majorer le xanax et la thérapie peut aussi faire croire la même chose

oui j'ai sondé un peu :p

Avatar de Pierre H. Vincke

Hehe tout à fait d'accord avec vous sur ce point !

Avatar de Risler

vous semblez très rassurant, valorisant pour la patiente

et c'est certainement ce que j'aurais aimé entendre de votre part à sa place

mais cela n'empêche la déstabilisation casi certaine de la patiente en ce moment même si elle a pu fonder une famille avec des enfants et un mari soutenant et présent.

pour elle et rien que pour elle il me semble qu'un espace où elle puisse se sentir libre avec un professionnel de parler ou pas peut justement lui permettre d'avoir des échanges de qualités, plus ancrés, plus apaisés avec son père durant cette période.

c'est mon humble avis

merci Monsieur Sikorav

Avatar de Dr Michael Sikorav

on va voir ce que ça donne !

Avatar de LELOUTRE

Je n'aurais pas fait comme vous mais je trouve que ce vous lui avez dit est assez génial ....

Avatar de Dr Michael Sikorav

merci, on va voir si ça prend !

Avatar de Violaine

Vous lui avez parlé en la considérant comme une personne et non une patiente ; de ce fait, vous étiez moins médecin qu'un simple être humain ce qui me semble légitime car vous la connaissez bien et le plus adapté car cela lui permet de revenir au sein de la grande communauté humaine et pas seuelement dans la communauté particulière des schizophrènes. Par ailleurs, elle a certainement ressenti votre sincérité et votre soutien. Pour moi, RAS.

Avatar de Bipode2
Jul 3Modifié

Je suis de plus en plus méfiante des psychologues car j’ai perdu du temps et beaucoup d’argent (une 1ere thérapie pendant 2 ans et une autre pendant 3,5 ans) pour qu’au final les 2 psychiatres que j’ai consulté quand j’ai touché le fond m’aient tous les 2 fait un diagnostic qui nécessitait la prise de médicaments sur le long terme.

Maintenant une psychologue pour se vider la tête quand on est submergé ça peut aider mais je me demande si un proche avec un minimum d’empathie c’est pas tout aussi suffisant.

Avatar de Dr Michael Sikorav

de façon générale je suis méfiant des interventions, qu'elles soient chirurgicale, médicamenteuses, ou thérapeutiques !

Avatar de Bipode2

Oui il faut rester méfiant de tout de nos jours et c’est pourquoi j’ai consulté 2 psychiatre avant d’accepter le diagnostic.

Je ne suis pas contre les psychologues mais je pense qu’ils ont un devoir de conscience de comprendre leur limite et d’orienter vers un psychiatre quand ils voient que la thérapie ne marche pas.

Je sais que ce ne sont pas des médecins et qu’ils ne peuvent pas faire de diagnostic mais un simple “ce serait bien de consulter un psychiatre car votre état ne s’améliore pas avec nos séances” serait plus humain que de laisser la personne en souffrance et d’empocher des sommes folles toutes les semaines.

Avatar de Arnaud Ledoux

Le diagnostic mérite d’être questionné. J’ai rencontré des évolutions chroniques de dépression psychotique avec des sensations corporelles anormales de nature très particulière, telle qu’elle est rapidement évoquée dans ce cas clinique. Certaines dépressions psychotiques peuvent durer des années, avec souvent une atténuation progressive. Il n’y a pas de progression de la pathologie et la personnalité reste intégralement préservée. La confusion avec une schizophrénie est fréquente du caractère chronique de l’évolution, mais la dépression reste toujours perceptible derrière les plaintes et les sensations anormales ne seront jamais interprétées comme une influence extérieure. La clozapine est un bon choix dans ces dépressions psychotiques chroniques. Par expérience, les psychologues ont une vision beaucoup trop psychologisante des dépressions endogènes. Une veille clinique apparaît plus prudente.

Avatar de Dr Michael Sikorav

la question se pose toujours mais là je l'ai vraiment vue délirante et hallucinée avec une humeur à peu près correcte

Avatar de Arnaud Ledoux

L’humeur n’a pas besoin d’être franchement dépressive, la tonalité des plaintes suffit. La symptomatologie psychotique peut être transitoirement prononcée mais elle s’articule avec le tableau clinique central monomorphe. Il n’est pas mentionné de trouble de la pensée et l’affect est bien préservé.

Avatar de Sandrine ALTMAYER Goretti

Bonjour Michael, je n'ai pas tous les éléments à ma connaissance et je ne connais pas votre patiente. Ma question à ce stade est la suivante : Comment a-t-elle réagit face à votre démarche ?

Bien à vous, au plaisir de vous lire.

Avatar de Dr Michael Sikorav

très bien !

enfin, je crois. On ne sait jamais vraiment :p

Avatar de Curiosa

La psychothérapie est un piètre palliatif de l'entourage dans toutes ses couches et nuances. Parfois nécessaire quand le tissu social est très pauvre et maltraitant, ou que des choses n'ont jamais été observées correctement, mais : "le problème c'est la solution". Être en thérapie peut être une entrave au changement d'image de soi et au lien aux autres.

Avatar de Dr Michael Sikorav

plus je pratique plus j'ai cette vision des choses oui. Parfois, je trouve que c'est contre productif

Avatar de Curiosa

Parfois il ne faut pas être le sauveur, parfois il faut être celui ou celle qui a confiance dans les capacités de l'autre (et rassurer sur le fait qu'on est là au cas où!). C'est en quelque sorte comme en TCC, une thérapie d'exposition progressive à la vie :)

Avatar de Curiosa

Notez que c'est pareil dans une certaine mesure pour la psychiatrie. Et c'est ce à quoi travaille les mouvements autour du rétablissement et de la pair-aidance. J'ai été très choquée par la pratique d'un psychiatre en CATTP qui demandait à voir les patients tous les jours : s'il faut voir le médecin tous les jours c'est qu'on est malade n'est-ce pas?? Le contraire de l'objectif d'un CATTP en plus... Le fond du problème : il voulait encaisser ses 23 balles de visite, c'est clairement un abus et une objectification des patients. La conséquence : sous prétexte de prendre soin, freiner les patients dans leur autonomisation et leur parcours personnel de "retour à la vie".

Avatar de Dr Michael Sikorav

là c'est peut-être des intérêts financiers aussi, dur de savoir !

Avatar de Curiosa

Oui, mais ça a des conséquences importantes sur les patients (et évidentes pour ma part mais qu'on fait semblant d'ignorer en oubliant la mission première) et c'est ça le problème. Aussi, pour revenir à la psychothérapie, le psychologue est payé pour sa prestation, ça peut avoir un impact sur le maintien des patients/clients en thérapie, en particulier dans les thérapies non-cadrées (c'est confortable de ne pas avoir à attirer de nouveaux clients :)). On peut se faire balader longtemps par un psychologue qui ne sait pas bien lui-même où ça va.

Avatar de Annie DOLE

Mon fils psychotique a perdu son père il y a 4 ans d un cancer du poumon . Ce qui l a aide : ce n etait pas d augmenter les anxiolytiques mais nos discussions , ma présence et celle de son frere et une manière apaisée de parler de la mort sans peur et sans angoisse . Et nous avons normalise ses émotions . . Il est tres sensible a la dimension spirituelle -

Les soignants de l hopital de jour ont fait pareil : une parole calme, non dramatique , qui donnait du sens . Il n a pas pu aller a l enterrement . Nous avons respecte sa décision . Son frere a décidé de faire les choses pour deux : fleurs , message symbolique , objet déposé en son nom sur le cercueil - photos ; ce qui lui a permis de participer au rituel sans etre submerge . Pas d augmentation d anxiolytiques. C est dur mais on en parle - et je lui dis que c est normal . Comme pour nous ….

Avatar de Dr Michael Sikorav

l'être humain sait gérer le difficile; c'est la maladie mentale qui le dépasse

à mon avis en tout cas !

merci pour votre partage

Avatar de The Cazuzo

Le bon sens près de chez vous …👏

Avatar de Dr Michael Sikorav

on verra si ça tient !

Avatar de Violaine

Pour compléter, les benzo gomment les émotions et altèrent la mémoire donc gênent le travail de deuil...

Avatar de Dr Michael Sikorav

je serai plus nuancé, mais c'est une crainte oui

Avatar de Celine

Que ma ligne resrait ouverte.

Avatar de El affani

Ok pr le Xanax mais pq pas rapprocher les séances avec le psy si ça peut la soutenir… surtout si elle en ressent le besoin, et c’est pas les 45 min qui changeront la durée de temps passer avec son père qui sera au contraire de meilleure qualité vu que moins angoissé, et ça supporte le risque de décompensation vu épisode stressant. Mais tu as raison que la mort fait partie de la vie mais là on parle d’une patiente qui a déjà des difficultés de base tu vois.

Avatar de Dr Michael Sikorav

parce que je pense que sur le long terme, on ne l'aide pas si on commence à augmenter (encore) le soutien psychologique

Avatar de El affani

En quoi ça ne l’aide pas le temps de passer la période de deuil?

Avatar de nicolas bussone

Si l'on dit que la douleur fait partie de la vie, alors pas besoin de thérapie.

Si l'on dit que la souffrance fait partie de la vie, alors oui pour la thérapie.

La thérapie ne peut rien face à la douleur de l'existence, seulement à la perception que l'on en a, ce qui est justement la souffrance.

Du soutien et du courage face à la douleur, il n’y a que ça.